Exposition Amalgam, Theaster Gates au Palais de Tokyo

La première exposition personnelle de l’artiste américain Theaster Gates en France se dévoile au Palais de Tokyo. Conjuguant installation, sculpture, texte, danse et musique, le propos de l’exposition s’appuie sur un fait historique : en 1912, le gouverneur de l’état du Maine expulse les habitants de l’île de Malaga, une population mixte interraciale d’environ quarante-cinq personnes. Ils seront condamnés à l’errance ou à l’internement. Le terme technique « amalgame » – quasi anagramme de Malaga – a également été utilisé par le passé pour désigner les mélanges raciaux, ethniques et religieux.

Proposant un récit pluridisciplinaire, l’exposition se déploie en quatre parties :

> “Altar/Autel”. Dès l’entrée, le visiteur se heurte à un toit monumental en ardoise, symbole de la destruction des maisons de l’île.

> “Island Modernity Institute and Department of Tourism/Institut de la  Modernité et Département du Tourisme de l’Île”. Dans cette section, sont rassemblés les vestiges inventés d’une «fausse archéologie» : outils, photographies, pierres, sont disposés dans des vitrines en bois évoquant les musées d’ethnographie ou d’archéologie….

> “Dance of Malaga/Danse de Malaga”. Sur fond sonore de gospel et de musiques du groupe Black Monks of Mississippi dont Theaster Gates est le leader, le film est un hommage à la population de l’île de Malaga, et une méditation sur l’amour et la race en Amérique.

> “So Bitter, This Curse of Darkness/Si amère, cette malédiction des ténèbres”. Le parcours s’achève par une forêt de troncs d’arbres taillés grossièrement, surmontés de masques moulés en bronze, les seuls visages qui peuplent désormais le souvenir de l’île abandonnée où la nature a repris ses droits.

Les membres du Fonds de dotation Lévêque ont eut la surprise d’y découvrir une réappropriation des masques traditionnels africains dans cette forêt abstraite. Face à ces installations qui s’appuient sur un fait historique oublié et même inconnu des médias, il est difficile de ne pas ressentir le poids négatif de la  discrimination sur ces minorités métissées.

Ce témoignage rare est à découvrir jusqu’au 12 mai 2019 au Palais de Tokyo durant la Saison Sensible !

écrit par Anaelle Dechaud & Sarra Mezhoud

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