La première exposition personnelle de l’artiste américain Theaster Gates en France se dévoile au Palais de Tokyo à Paris. Conjuguant installations, sculptures, textes, danse et œuvres sonores, le propos de l’exposition se construit autour d’un fait historique : en 1912, le gouverneur de l’état du Maine expulse les habitants de l’île de Malaga aux Etats-Unis, une population mixte interraciale d’environ quarante-cinq personnes. Ils seront condamnés à l’errance ou à l’internement. Le terme technique « amalgame » – quasi anagramme de Malaga – a également été utilisé par le passé pour désigner les mélanges raciaux, ethniques et religieux.

Proposant un récit pluridisciplinaire, le parcours de l’exposition se construit autour de quatre parties :

  • “Altar/Autel”. Dès l’entrée, le visiteur se heurte à un toit monumental en ardoise, symbole de la destruction des maisons de l’île.
  • “Island Modernity Institute and Department of Tourism/Institut de la  Modernité et Département du Tourisme de l’Île”. Dans cette section, sont rassemblés les vestiges inventés d’une « fausse archéologie » : outils, photographies, pierres, sont disposés dans des vitrines en bois évoquant les musées d’ethnographie ou d’archéologie….
Theaster Gates, Island Modernity Institute and Department of Tourism  — Vue de l’exposition « Theaster Gates. Amalgam » au Palais de Tokyo, 2019. © FDL / Anaelle Dechaud
  • “Dance of Malaga/Danse de Malaga”. Sur fond sonore de gospel et de musiques du groupe Black Monks of Mississippi dont Theaster Gates est le leader, le film est un hommage à la population de l’île de Malaga, et une méditation sur l’amour et la race en Amérique.
  • “So Bitter, This Curse of Darkness/Si amère, cette malédiction des ténèbres”. Le parcours s’achève par une forêt de troncs d’arbres taillés grossièrement, surmontés de masques moulés en bronze, les seuls visages qui peuplent désormais le souvenir de l’île abandonnée où la nature a repris ses droits.

Les membres du Fonds de Dotation Lévêque ont eut la surprise de découvrir une réappropriation des masques traditionnels africains dans cette forêt abstraite. Face à ces installations qui s’appuient sur un fait historique oublié et même inconnu des médias, il est difficile de ne pas ressentir le poids négatif de la discrimination sur ces minorités métissées.

 

Theaster Gates, So Bitter, This Curse of Darkness — Vue de l’exposition « Theaster Gates, Amalgam » au Palais de Tokyo, 2019. © FDL / Anaelle Dechaud

Theaster Gates, So Bitter, This Curse of Darkness — Vue de l’exposition « Theaster Gates, Amalgam » au Palais de Tokyo, 2019. © FDL / Anaelle Dechaud

Ce témoignage rare est à découvrir jusqu’au 12 mai 2019 au Palais de Tokyo lors de la Saison Sensible !

https://www.palaisdetokyo.com/fr/evenement/theaster-gates

écrit par Anaelle Dechaud & Sarra Mezhoud

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