« La problématique de la (re)construction de la paix en République Démocratique du Congo face aux défis de l’impunité »

Ce samedi 11 mai 2019, l’équipe du Fonds de Dotation Lévêque s’est rendu à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour assister à la conférence du Docteur Denis Mukwege portant sur « La problématique de la (re)construction de la paix en République Démocratique du Congo face aux défis de l’impunité ».

Le Docteur Denis Mukwege est un symbole du combat pour le respect des droits des femmes. Chirurgien gynécologue, il opère les femmes victimes de violences sexuelles en République Démocratique du Congo et milite pour la paix dans un pays touché par les conflits armés depuis plus de vingt ans. Son combat a été reconnu au plus haut niveau international en décembre dernier lorsque le prix Nobel de la paix 2018 lui a été décerné, aux côtés de Nadia Murad.

L’activiste yézidie Nadia Murad et le gynécologue congolais Denis Mukwege, récipiendaires du prix Nobel de la Paix 2018. © Haakon Mosvold Larsen / POOL / AFP
Une seule volonté : que justice soit faite

Le Prix Nobel de la Paix a souligné l’importance de la justice comme outil de répression mais aussi comme moyen de prévention, en garantissant l’ordre moral et le contrat social. En République Démocratique du Congo, pour exiger la vérité, un système d’accès gratuit à une justice de proximité a été mis en place. Les bourreaux doivent répondre de leurs actes devant toute la communauté. Le chemin vers une dignité retrouvée…

La reconnaissance du statut de victime est nécessaire pour ces femmes, dont le traumatisme psychologique rend difficile leur réinsertion dans la société. Pour soutenir l’accompagnement de ces femmes, un service de soutien psychologique a été créé au sein de l’hôpital de Panzi, dirigé par le Docteur Denis Mukwege.

Conférence du docteur Denis Mukwege à la Sorbonne, amphithéâtre Richelieu, samedi 11 mai 2019. © FDL / Anaelle Dechaud
Conférence du docteur Denis Mukwege à la Sorbonne, amphithéâtre Richelieu, samedi 11 mai 2019. © FDL / Anaelle Dechaud

Le Docteur Denis Mukwege insiste aussi sur le manque de volonté politique des tribunaux internationaux pour rendre justice. Il explique que les lois sont insuffisantes car les textes ne sont pas contraignants. Le rapport du projet Mapping (Nations Unies), initié en 2008 pour dresser un inventaire des violations des droits de l’homme en République Démocratique du Congo, est un pas vers la justice. Ce rapport a supprimé les noms des victimes pour les remplacer par ceux des coupables.

Les noms des criminels doivent être connus. Heureusement, ces crimes sont imprescriptibles et, lorsqu’ils seront enfin reconnus, ils pourront être jugés par des institutions légitimes et impartiales.

En Républiques Démocratique du Congo, on compte environ six millions de morts sur ces dernières décennies. Comment mettre fin au déni ? Le Docteur Mukwege cite l’importance de l’éducation, qui doit passer par une révision des manuels scolaires. Des constructions symboliques, tels que des lieux mémoriels, sont aussi un pas vers une réparation individuelle et collective.

La République Démocratique du Congo est un acteur clé de la mondialisation en raison des richesses naturelles qu’elle possède comme le cobalt ou le caoutchouc. Le pays est, de ce fait, une victime directe de la course à la technologie. Sa population continue d’être au centre des affrontements pour ses matières premières.

Le documentaire L’Homme qui répare les femmes. La Colère d’Hyppocrate, réalisé par Thierry Michel en 2016, témoigne du combat du Docteur Denis Mukwege auprès des femmes victimes de violences sexuelles.

Conférence avec Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018. © Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

écrit par Anaelle Dechaud

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