La Genèse d’une Collection

La genèse d’une collection atypique d’Art Africain

Animé par un esprit décalé dans tout ce qu’il entreprend, Jean-Loup Lévêque s’est impliqué durant toute sa vie au sein d’une entreprise qu’il dirigeait avec pugnacité et bienveillance.

Évoluant dans ce milieu passionnant, mais néanmoins conventionnel, il trouve une échappatoire pour assouvir ce caractère exalté qui le définit.

Chef d’entreprise, il est aussi amateur d’art africain, parcourant Paris en quête d’objets « coup de cœur ».

En Afrique, il s’y est rendu pour la première fois en 1974, à l’âge de 26 ans. Jeune directeur de chantier sur la reconstruction d’un barrage au Mali, il se lie avec le griot du village. Le vieil homme lui montre un masque Bwa papillon, dont il fit l’acquisition quelques années plus tard, à Paris. « Je me le suis toujours imaginé vire- voltant non pas au milieu des fleurs, mais au milieu des habitants », confie-t-il.

Jean Loup Lévêque surprend, détonne. Derrière chaque masque qu’il acquiert, le collectionneur voit l’homme, la rencontre. Sa vaste collection, si riche dans sa diversité stylistique, est le reflet de ce désir perpétuel de saisir et de comprendre ces cultures à travers leur art. Chez lui, ces objets sont les prolongements, les témoins de ces histoires à la fois individuelles et collectives.

Quelques pièces ont également une valeur symbolique, issues d’un héritage familial où l’Art était omniprésent. Son père érudit collectionnait aussi bien des peintures de la Renaissance italienne, que des œuvres modernes, mais aussi et surtout de l’art africain. Cet art séduit immédiatement le jeune Jean Loup ; il trouve dans les statues et les masques africains la vitalité, une force tantôt contenue, tantôt inquiétante voire terrifiante.

« Pour mes 21 ans mon père m’offre mon premier masque Africain. Celui-ci, de République Démocratique du Congo (ex-Zaïre), provient d’un groupe proche des Luba : les Kuba. Ce masque en bois recouvert partiellement de plaques de cuivre décoratives est agrémenté de cauris et d’une coiffe en plumes. Mon père l’avait acheté à l’occasion d’une vente aux enchères. »

De manière symbolique, au sein de sa collection trônent des masques “ancêtres”. Ce sont les masques les plus anciens, transmis par son père ou acquis à la genèse de son activité de collectionneur.

Ce cadeau d’un père à son fils marque le début d’une collection exhaustive passionnément constituée durant plus de quarante ans. Collectionneur atypique, son goût le mène vers les objets singuliers, qui provoquent et questionnent.

La collection de M. Lévêque est éclectique. Si ce n’est pas le caractère ancien de l’objet qui attire l’amateur, ou sa grande originalité sortie tout droit de l’imagination de l’artiste-sculpteur, ce sont les formes pures des pièces qui fascinent le curieux, mais aussi son aspect ornemental ou encore une certaine préciosité dans les matériaux utilisés pour parer l’objet.